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Françoise Taylor Review - 1

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Françoise Wauters Cu L'Expressionisme Vécu - Gazette de Liège, 7/1946

LES AMATEURS d'eaux fortes et de lithographies visiteront avec intérêt l'exposition qui vient de s'ouvrir à la Petite Galerie sous les auspices de l'Oeuvre des Artistes, 92 Boulevard de la Sauvenière (ancienne "Estampe").

Ils y trouveront rassemblées les dernières oeuvres de Mme Françoise Wauters, artiste Bruxelloise d'un réel talent que nous n'avions pas jusqu'à présent le plaisir de connaitre.

La production de Mme Françoise Wauters est très variée. Elle comporte une série de planches sur la guerre destinées à illustrer un texte de H. Teirlinck, une douzaine de lithos groupées sous le titre "Calendrier" représantant les figures heureusement stylisées de personnage empruntés à l'hagiographie, des compositions inspirées de Conrad, Dostoievski et Kafka et des animaux: chats, chevaux, poissons, rats qui prennent sous l'habile stylet de l'artiste des allures apocalyptiques d'un effet particulièrement décoratif.

Si nous ajoutons à tout cela des planches comme celle qui est intitulée "Deuil" représantant deux êtres pitoyables et comme écrasés par la douleur, d'une émouvante sobriété ou comme celle qui nous montre un train lancé à toute allure et dont le dynamisme est réellement impressionant, voire une peinture "Maternité" largement traitée et aux couleurs, on aura une idée de l'interresant ensemble que nous offre Mme Françoise Wauters.

Cette artiste dont l'inspiration est originale et la manière des plus personnelle s'est peut-être surpassée dans ses "Images de Guerre" qui bien qu'évoquant des scènes comme la "Déportation des Travailleurs", "Les Files", les "Bombes Volantes" etc: ne tombent jamais dans le romantisme facile de la banale anecdote.

Se jouant de la difficulté, elle s'est en effet inspirée à traduire tout cela de façon vivante, s'attachant aux détails certes, mais surtout à l'expression marquant sur les visages de ceux qui en sont les héros l'angoisse, la peur, la lassitude, l'effroi ou l'épouvante. Il s'agit donc là moins de scènes vécues - encore qu'elles soient extrèmement évocatrices et fouillées - que l'études de masques qui ne vont pas sans rappeler James Ensor et Jérôme Bosch.

Sans doute, souhaiterait-on parfois un peu moins de confusion et un peu plus de nettes oppositions dans les noirs et les blancs. Il n'en reste pas moins que Mme Françoise Wauters fait preuve dans toutes ses planches d'un tempérament vigoureux dont la gràce n'est pas exclue et qu'elle a droit d'occuper une place de choix parmi les bons graveurs de chez nous.

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Page last modified: January 16, 2015

Patrick Elsewhere

The art of Françoise Taylor:
paintings & drawings by my mother, vécue 1920-2007